Recherche Parmi les Mikea

à Madagascar


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Teny Malagasy


TSIAZONERA ET JAOVOLA, 2006. Approche historique du peuplement du Sud Ouest Malgache. Le cas de la forêt des Mikea.


INTRODUCTION


Dans la forêt sèche de 3500 km2 environ située au Nord de Tuléar  entre Manombo au sud et Morombe au Nord, vivaient des groupes minoritaires des Malgaches connus sous les noms de Mikea, y développaient leurs propres cultures dans  des conditions naturelles difficiles et souvent extrêmes.

Pendant des siècles, on se posa la question de savoir s’il s’agissait d’un mythe ou une réalité.

En effet, selon les traditionnistes Masikoro et Vezo, cette immense forêt fut peuplée par des «  individus  mystérieux » et cette qualification est liée à leur existence invisible  à l’œil humain.

Parler de l’actuel peuplement de cette forêt dense sèche, les Mikea, sans parler  de ceux qui les ont précédés laisse un vide dans l’histoire du peuplement du Sud-Ouest Malgache. Nous allons décrire ces individus comme  nous  les entendons raconter par nos traditionnistes, puis parler des Mikea, populations authentiquement malgaches.




I - LES PRE-MIKEA, DES GROUPUSCULES « D’INDIVIDUS MYSTERIEUX »


L’existence des pré-Mikea  suscite encore des divergences de point de vue  des chercheurs qui s’y intéressent. Pourtant, les Mikea et les villageois continuent à leur croire, sinon à leur respecter, car certains d’entre eux se sont transformés en esprit qui peut s’incarner à une personne. Cet esprit, selon les Mikea, pérennise leur vie en étroite relation avec la forêt.


1.1.           Les pré-Mikea une réalité peu  connue

Dans le forêt des Mikea, le nom de koko est souvent évoqué, un individu souvent décrit comme étant de petite taille, trapu et poilu. Et pour le confirmer, quand on assiste à un rite individuel dans la forêt des Mikea, on invoque toujours les nains poilus “ agny nareo bory bevolovolo, ces nains ayant leur propre mode de vie basé essentiellement sur la chasse et la cueillette dans une parfaite harmonie avec la nature.

Dans la forêt des Mikea, beaucoup de gens affirment avoir entendu des bruits qu’ils font comme si quelqu’un tape sur un tronc d’arbre ou avoir vu leurs traces sur le sable. On ne les voit pas, mais on les entend.

Un fait concret est celui qui a été décrit par Rengoboke, un Mikea octogénaire de Bevondro; ses parents lui racontaient que c’étaient des individus de petite taille vue les traces laissées sur l’arbre après leur passage, ces traces ne dépassent pas 50 cm.

Un autre témoignage car à Ankililoaky,  une rivière qui traverse la grande plaine est dénommée Ranozaza, littéralement « eau des enfants ». La tradition orale rattache le toponyme à la fréquentation des nains à cette rivière. Mais comme ces derniers sont de petite taille, ils sont considérés comme des enfants. A la suite de la déforestation des environs de cette rivière, ces  nains se sont déplacés à Mandevitse, région d’Andravitsazo, dans la forêt des Mikea. Et dans les années 40. aux environs de ce site, les koko apparaissaient à un individu isolé dans la forêt, celui –ci devient actuellement un  grand ombiasa ou devin- guérisseur de cette région. Il y a donc transfert de compétence entre koko  et individu humain isolé.


Un dernier témoignage est celui de rite de possession koko; la personne possédée reste toujours assise et ce, pour garder la taille du koko, le koko est venu et parlait d’une voie nasillarde pratiquement difficile de  le comprendre sans un traducteur.

D’autres individus mystérieux ont été également évoqués dans cette forêt. Ils peuvent être un seul individu, mais leur appellation change de par leur comportement physique.


Le premier, le Tsiokakoke qui, en se décomposant, donne Tsioke = vent et akoke = oiseau et littéralement vent laissé par cet oiseau après son passage, celui-ci est très rapide quant il court au sol. C’est cette particularité qu’on lui a donné le nom de Tsiokakoke, celui- ci disparaît très vite lorsqu’il entend s’approcher de lui  un être  humain et il ne laisse derrière lui que du vent.

Le deuxième, le Ndranohisatse, comme son nom l’indique, il se déplace à genoux fléchis. C’est du moins que l’on  déduit de l’observation de ses traces au sol. Est-il handicapé naturellement ou un moyen qu’il utilise pour se cacher de la vue humaine?. Selon les notables Masikoro, quand on voit la trace de son passage dans la forêt, on dit: “ Manao io koa  razako izay ”, littéralement que sa façon de se déplacer ressemble à celle de nos grands-parents et ce, pour éviter le mauvais sort à celui qui dépasse cette trace

L’on parle souvent d’un tel déplacement dans beaucoup de région de Madagascar, ils ne sont pas forcement des nains, mais des personnes à constitution physique normale, mais pour s’échapper à la vue humaine,  ils se déplacent soit en mouvement courbé, soit en mouvement assis sur le sol.

Le troisième groupe  est constitué de Lampihazo et de Hako.

Le premier, le Lampihazo, s’appuyer contre un arbre, lorsqu’il se déplace d’un tronc d’arbre à l’autre duquel il se cache , il est capable de se fondre dans l’arbre. Le second, le Hako, évite tout contact avec l’homme. Le verbe mi-hako signifie se cacher pour ne pas être vu.


Selon les traditionnistes Masikoro, les Lampihazo et le Hako sont parmi les habitants des villages masikoro et vezo, mais les différentes  persécutions pendant la période de la dynastie Andrevola, mais aussi durant la phase coloniale, voie même pendant la première république, la forêt a reçu plusieurs groupes d’individus fuyant les oppressions de toutes sortes, mais aussi l’application de certaines lois et réglementations souvent jugées inhumaines. C’est dans la forêt qu’ils sont à l’abri de toute sorte d’utilisation de force. Il y a aussi des groupes d’hommes qui utilisent souvent les produits de forêt surtout en période de soudure. Ils trouvent que la vie est plus favorable dans la forêt qu’aux villages. Ils décident de rester dans la forêt et deviennent des invisibles. Mais surtout les évènements de 1947 ont créé un climat de peur. Les Masikoro et Vezo ont constitué de plus gros des fuyards vers la forêt.

les rois Andrevola, selon Flacourt 1660


L’ensorcellerie figure par ailleurs parmi une raison qui contraint les gens à quitter leurs villages par peur d’être présentés aux rois. A force de vivre dans la forêt,  ils se confondent à elle.

Ces groupuscules vivaient essentiellement des tubercules, des miels  et  d’animaux  sauvages.

L’isolement règle leur quotidienneté pour échapper au contrôle de l’administration, mais  aussi pour préserver leurs modes de vie et leur identité culturelle. Et pour assurer leur cachette, ils ont la connaissance des vertus des plantes médicinales




1.2- les réflexions de différents auteurs sur l’existence de ces groupuscules anciens.

La plupart des auteurs s’accordent sur l’existence de ces groupuscules anciens. On relève ici leurs hypothèses à commencer par celle de Deschamps Hubert, 1961 qui évoque l’existence des nains portant des noms divers (dans le nord, on ne parlait que de Kalanoro, dans le nord- ouest de Sandrangoatsy, dans le Menabe de Beosy, dans l’ Ibara de l’ombà). L’auteur a même cité le nom de Kokolampo, des  nains connus de l’Androy jusqu’au Masikoro et donc dans le Sud ouest malgache. Selon Edwin Fagereng, 1947, ils sont les premiers occupants des lieux plus ou moins mythiques. Emil Birkeli, 1926 dans marques de boeufs et traditions de races, mentionne également l’existence de nains koko, kokolampy, kalikaly … Ces nains ne cultivaient pas, ils mangeaient leurs aliments crus. Gabriel Ferrand, 1908 va jusqu’à dire qu’ils mangeaient leurs amis malades lorsqu’ils se voyaient hors d’espérance de guérison. L’auteur cite Flacourt, ce dernier a appris cela dans le pays machicore, ce qui peut expliquer, peut-être, dans la région d’étude (forêt des Mikea) l’inexistence des témoins matériels se rapportant à leur période. Si tels individus touchent le sud-ouest, on pourrait trouver leurs tombeaux, car au fil du temps, certains d’entre eux mouraient,


Dans la forêt des Mikea, personne ne parlait de leurs tombeaux ou encore les recherches dans ce domaine sont encore dans la phase de commencement.

De son côté, Suzanne Chazan-Gillig, 1991 est plus explicite “ ces gens là n’étaient pas nés ici, mais ils venaient d’autres contrées, ils venaient de l’ouest par la mer, l’auteur voulaitt designer l’archipel des Comores ou les zones orientales de l’Afrique. Dans son hypothèse, Chazan-Gillig a même cité trois noms d’origine mahoraise Rahosabe (Ainè), Rahosahosa(Cadet) et Hajy (soeur). Ils s’installèrent au nord de Mangoky. Selon cet auteur, ses descendants sont arrivés de l’autre côté de Mangoky, c’est à dire vers le sud.

D’autres auteurs et d’ailleurs les plus nombreux rejoignent leurs hypothèses sur l’existence Vazimba dans beaucoup de région de Madagascar dont le sud-ouest malgache et peut être en l’absence de plus de précision, on évoque souvent les Vazimba. Le terme Vazimba dans le Sud Ouest malgache est moins nettement un terme générique pour désigner les groupes qui occupent le pays avant que les autochtones n’aient conservé le souvenir précis (Koto Bernard, 1995:37.Il désigne selon Philippe Beaujard, 1983, toutes les populations anciennes aujourd’hui   évanouies. Par extension, il désigne tout individu socialement inconnu (E.Birkeli, 1936).


Les Vazimba occupaient d’abord les Hautes terres avant d’y être pourchassés vers l’ouest (Decary R., 1964). En soutenant et poursuivant la thèse de DECARY, cet auteur a  même évoqué l’existence  des hommes  protohistoriques dans les forêts inaccessibles au Nord de Toliara. Ils se  nourrissaient de miel et de racines. Mais le  choix de l’ouest répond à leur origine qui NDEMAHASOA J ;C. et POIRIER.,1983-84 sont plus directes.

« Ny vazimba mankany andrefana, miverina amin’ ny taniny niaviany » et littéralement les Vazimba partant vers l’Ouest, ils retournent d’où ils sont venus.

Cette thèse a été renfoncée par E .Birkeli, 1926»: Ils viennent d’au-delà de mer”.


Ces auteurs s’accordent donc pour leur origine étrangère. Mais pour une meilleure approche du sujet, nous estimons  utile de considérer certains faits relatifs aux vazimba dont les avis de certains auteurs sont divergents. Les Vazimba, appelle-t-on ainsi. Car ils n’ont pas dépassé un certain niveau technique caractérisé par l’absence de la connaissance de la métallurgie, de la riziculture et certaines pratiques de l’élevage DEZ J.,1971,ce qui explique leur soumission en face des conquérants Merina mieux organisés ( RAHERISOANJATO D., 1982) de par leur technologie rudimentaire. Ils sont donc des prédateurs, ce terme désigne un état d’évolution.

De l’autre côté qui contredit la premier thèse, Philippe BEAUJARD va jusqu’à dire qu’à leur arrivée, la première action est de brûler et donc  pratiquer l’agriculture sur brûlis, cela est confirmé par Russillon H.,1933.

“Les Vazimba sont de grands riziculteurs quand ils sont installés dans la grande plaine marécageuse de Betsimitatatra”. Il y a semble-t-il une confusion entre les Vazimba pur sang et les Vazimba résultant de mélange avec les populations sédentaires au cour de leur passage et à ce propos Lombard J.,1973 distingue les Vazimba des Hautes Terres avec ceux de Sud, ces derniers sont des métis par suite de leur intégration avec les populations locales.


Les dates d’implantations des premiers occupants sur les côtes malgaches sont à discuter, mais ils sont arrivés  selon NDEMAHASOA J.L et POIRIER J probablement entre le III ème  et le IVe siècle de nôtre ère.

 

II.  LES POPULATIONS  MIKEA 


Après avoir décrit les ces prés – Mikea, il est intéressant pour nous d’entrée dans le vif du sujet à savoir l’historique des populations Mikea. Cette brève description de JAOVOLA Tombo à propos des gens légendaires et mythiques appelés maîtres de la forêt ou « Tomponala » nous présente un grand intérêt car souvent quand on parle à propos de Mikea, certains profanes pensent  directement à ces prés- Mikea, ces derniers  sont invisibles même pour des Mikea. On peut supposer qu’il y a une relation entre les Mikea  et les pré-Mikea. L’existence d’une relation chronologique entre ces deux groupes ne signifie pas qu’ils sont semblables. Certes les deux groupes occupent  ensemble la forêt des Mikea,  mais il ne faut les confondre, car on a déjà dit là-dessus que les Tomponala ou pré-Mikea sont composés de toutes sortes d’individus et d’esprits. Souvent ces tomponala ne sont pas visibles à l’œil nu, par contre les Mikea sont des paysans comme les autres qui s’éparpillent dans les campagnes surtout dans le massif forestier.



1 .L’origine et l’étymologie du mot Mikea.

Dans la littérature, on peut l’écrire de différentes manières : Mikea, Mikeha, Mekea, Mikeo. La plupart des auteurs préfèrent utiliser le mot Mikea.

DINA (J) et HOERNER (JM), 1976 dans leur ouvrage intitulé « Etude sur les populations Mikea du sud –ouest de Madagascar », utilisent le mot Mikea. En plus ces deux chercheurs ont essayé de nous expliquer l’étymologie du mot Mikea. Selon eux, le mot Mikea vient du mot Mikeha (appelé), puis le h tombe, on obtient l’écriture MIKEA. Selon toujours ces auteurs, il y a une autre variante de l’origine du mot Mikea, celui-ci vient d’un groupe de mots « Tsy meky hea » (littéralement qui ne veut pas être poursuivi). Une partie des lettres tombe (tsy , y et h), on obtient le mot Mekea. Malgré tout ils préfèrent utiliser l’othographe Mikea, en se référant aux différents auteurs qui les ont précédés dont ceux  Molet (L) 1958, BIRKELI (E) 1926,  POIRIER (J) et  DEZ (J) 1963. D’autres chercheurs récemment travaillés dans la forêt des Mikea dont ceux de BLANC – PAMARD (Ch) 2000, FAUROUX (E)et RABEDIMY (JF) 1985, JAOVOLA (T) 1999, REBARA (F) 1998, KELLY (B) 1993, TSIAZONERA, YOUNT (J) et TUCKER (B) 2001 ont également utilisés la même orthographe Mikea.

Decary (MR), 1943 dans son ouvrage intitulé « Le Lac  Ihotry » garde l’orthographe Mikeha tout le long et au large de son texte.

Seul LAVONDES (H) dans son ouvrage intitulé « Pouvoirs traditionnels dans un royaume du sud – ouest malgache (Nord du Fiheregna »  emploie  le mot Mikeo. Nous pensons qu’ici  il y a une erreur de frappe.

Par contre RENGOKY (Z) 1988, dans son mémoire de maîtrise intitulé « Mekea , Mpihaza, Mpioty ao Añalabo », a bien insisté lors de notre entretien en Octobre 1990, que le mot Mekea est proche de la vérité par rapport aux autres appellations. Car durant son séjour de quelques mois à Anãlabo (village Mikea), les habitants de ce village n’utilisent que le mot Mekea.




2.La différence entre les Mikea du nord et les Mikea du sud.


Quand on va faire une étude à Añalamikea (forêt des Mikea), il ne faut pas donner une appréciation unique. Car il y a une grande différence géographique entre le nord et le sud de la forêt des Mikea.

Dans la partie nord de la forêt des Mikea l’eau y abonde en particulier le Bassin dans Namonte  et ses environs.

En plus, dans le nord d’Añalamikea, on peut trouver des grands lacs suivants : Lac Ihotry (2ème grand lac de Madagascar), Mafay, Betsiriry, Ankiliolio,  Andramby, Mañafo  etc…

Or, dans la partie sud d’Añalamikea qui est la zone la plus fréquentée par des chercheurs et des journalistes, on observe la rareté  de l’eau. Et Molet (L) a même écrit un ouvrage intitulé : « Les Mikea de Madagascar, vivre sans boire ». Dans son ouvrage Molet (L) pense que les Mikea peuvent vivre sans eau. Selon  toujours cet auteur,  les Mikea sont des hommes du désert. De même, les chercheurs  de l’ORSTOM, travaillant dans la région d’Añalabo (sud) de la forêt des Mikea, donnent une place importante à un tubercule gorgé d’eau appelé babo, celui-ci étanche la soif des hommes et  des bêtes. La connaissance d’une partie de la forêt est largement insuffisante pour tirer une conclusion à propos de cette dernière. Il faut sillonner la forêt du nord au sud et l’est à l’ouest. Après avoir visité tous les coins de la forêt des Mikea, on peut faire une monographie complète d’une région.


La différence sur le  plan géographique entre le sud et nord ne signifie pas qu’il y a une différence anthropologique entre les Mikea du nord et les Mikea sud de la forêt. Les Mikea sont identiques que ce soit au nord ou au sud, malgré une légère différence sur le plan appellation des choses. Et certains généalogistes disent que les clans Mikea vivant dans le sud d’Añalamikea sont originares de la partie septentrionnale de la forêt et vice versa..



3 .La différence entre des Masikoro – Mikea et des Vezo – Mikea et des vrais Mikea.


Certains chercheurs, travaillant dans la forêt des Mikea, mentionnent  l’existence des Masikoro – Mikea, des Vezo – Mikea et des vrais Mikea.

L’Histoire des populations Mikea nous renseigne que les Mikea étaient des anciens habitants des villages en marges de la forêt. Mais pour des raisons multiples ces ex – villageois ont décidé de vivre dans la forêt. En un mot il y a des clans originaires des villages Masikoro dont Marofote, Antsimitiha, Maroringitse etc.. et comme il y a des clans originaires des villages de la côte dont Ndrabala, sambimañitse etc…


Les Masikoro - Mikea  sont donc des Masikoro qui ont choisi de mener une vie forestière. En plus on appelle aussi Masikoro – Mikea, les habitants des certains villages à la lisière est de la forêt. Ces derniers sont à la fois des cultivateurs et éleveurs et aussi des chasseurs – cueilleurs

Et les Vezo – Mikea sont des Mikea originaires des villages côtiers. Les habitants de certains villages côtiers proches de la forêt sont dits actuellement Vezo-Mikea. Ces gens-là pratiquent à la fois la chasse, la cueillette et la pêche.

Tandis que les vrais Mikea sont la fusion des gens originaires de la côte et des gens originaires de la lisière Est de la forêt des Mikea. Ils vivent aux dépens de la chasse et de la cueillette ( mitindroke) au cœur de la forêt.


Ces vrais Mikea sont des conservateurs de la forêt et ils considèrent la forêt comme leur lieu de refuge et leur grenier naturel. A force de vivre dans la forêt, ils se confondent en elle, ce qui déroute le plus souvent la vision simpliste des voyageurs de passage dans cette forêt, car ils confondent les pré-Mikea et les Mikea dans leur existence actuelle. Actuellement la société Mikea a subi une transformation comme les autres sociétés paysannes, notamment avec le phénomène migratoire lié à la culture spéculative du mais. Ces nouveaux venus « se mikéisent » à leur tour et s’adaptent saisonnièrement à la manière des Mikea. 




CONCLUSION

Pour terminer, une dimension mythique est encore solidement ancrée à  propos des premiers arrivants qui peuplent la forêt, car certains chercheurs, ayant obtenu des informations trop fragmentaires  les assimilent à des êtres  fantomatiques et donc des créatures imaginaires destinées à effrayer les enfants. Pourtant, les traditionnistes,  croient fermement à leur existence. De ces divergences du point de vue, il  serait encore intéressant d’élargir le champ d’investigation toujours sur les traditions orales pour des consultations des vieux en âge, sinon penser à une exhaustive recherche archéologique dans ce vaste territoire forestier, car les traditions orales ont mentionné l’existence de certaines localités littorales à  écosystème encore intacte  entre autres les régions d’Ampanonga, d’Ankidranoke, de Tampolove, notamment les sites d’Andranomahia, d’Andrakatomivola, d’Andranolaza, qui semblent être l’habitat primitif de ces groupuscules anciens.

D’autres pistes pourraient être envisagées, notamment  celles qui reposent sur la collecte des débris de langue que les Mikea ont  parlées autrefois.

Avec ces différentes strates des populations forestières, l’usage désigne aujourd’hui par Mikea tout habitant de la forêt qu’il soit saisonnier se livrant à la culture sur brûlis de mais ou qu’il soit permanent poursuivant les activités quotidiennes de chasse et cueillette. Mais si on tient compte de l’étymologie du mot Mikea, le groupe dit Mikea a une identité culturelle distincte des autres groupes, caractérisée par une dépendance considérable envers les produits de la forêt pour sa subsistance quotidienne. Mais sans savoir l’histoire des populations Mikea, on ne peut pas comprendre le niveau de leur adaptation à des différentes strates des populations forestières. C’est pour cette raison que beaucoup de chercheurs et des bailleurs fonds  s’intéressent à la forêt des Mikea à l’époque actuelle.